• Nnaemeka Ali, O.M.I - Black and Missionary

Avancez au large, et jetez vos filets — Luc 5, 1-11


Dans l’évangile d’hier, Jésus a guéri la belle-mère de Simon. Et, dans celui d’aujourd’hui, il appelle Simon à le suivre. Comment a-t-il pu guérir sa belle-mère s’il ne l’avait pas encore rencontré, vous demanderez ? Bien, c’est parce que la Bible n’est pas un livre d’histoire où tous les événements sont présentés d’une manière linéaire. Chaque évangéliste à une communauté devant lui. Et à sa communauté, il cherche à présenter Jésus de Nazareth. Leurs objectifs n’étaient donc pas de raconter une histoire pour faire plaisir aux lecteurs, mais plutôt un récit basé sur la vie de Jésus de Nazareth afin de les accompagner dans leur cheminement de foi.

Donc, si l’évangile nous a présenté la guérison de la belle-mère de Simon avant de nous parler de son appel, c’est parce que ce qui est au centre de l’évangile c’est la mort et la résurrection du Christ. Si l’évangile appelle sa communauté à croire au Christ, c’est parce que c’est de lui que les prophètes ont parlé. Et parce qu’il est venu apporter la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, et libérer les opprimés, Luc tenait donc à le démontrer à travers une série de miracles de guérisons et de libérations des possédés. Et parce que son règne est un règne éternel, il lui fallait des collaborateurs. C’est alors dans cette optique que s’insère cet appel de Simon que l’évangile nous présente aujourd’hui.

Avant de se manifester et d’être reconnu comme le Christ, Jésus était d’abord un prédicateur ambulant. C’est évident qu’il n’était pas le seul à le faire dans cette époque. Il suffit de penser à Jean Baptiste au bord du Jourdain (Luc 3, 1-18).

Donc, quand il s’est approché de Pierre pour demander d’utiliser sa barque, Pierre n’était probablement pas étonné, car Jésus ne serait évidemment pas le premier à lui demander un tel service. Ce qui est était surprenant, en revanche, c’est quand Jésus, après avoir prêché, s’est tourné pour lui demander d’avancer au large. « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » C’était sans doute presque une insulte à Pierre qu’un prédicateur ambulant lui donne la leçon sur la pêche.

Imaginez que vous êtes un pêcheur de saumon ; et qu’une personne qui ne connaît rien sur la pêche vous demande, après la saison de pêche, de sortir votre bateau de pêche pour aller au saumon. Vous lui direz, sans doute, qu’il peut vous parler de ce qu’il connaît. Vous lui direz que depuis l’aube du temps, d’une génération à l’autre, tous les pêcheurs savent bien qu’il y a un temps pour aller au saumon. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui entre Pierre et Jésus. Pour toute la nuit, Pierre et ses compagnons de pêche ont peiné sans rien prendre, et ce monsieur (sachant qu’il ne connaissait Jésus que comme un prêcheur) lui demande de salir encore ses filets.

Pierre a fait confiance à Jésus, non pas sans doute, mais il l’a fait pourtant.

« Simon lui répondit : “Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets.”

Et le résultat fut spectaculaire. C’était une pêche miraculeuse ! Voici ce que signifie avoir la foi en Dieu. C’est, comme Pierre, faire confiance à un monsieur qui ne s’y connaît même pas dans le métier de pêche. Évidemment, ce n’était pas une naïveté, car Pierre venait juste de l’écouter parler de Dieu. Il lui a fait confiance parce qu’il savait que Jésus avez un lien absolu avec le père céleste. Sa foi était basée sur la personne de Jésus et non pas sur sa connaissance en matière de pêche.

Et vous, dans quelle aventure vous demande Jésus d’avancer, aujourd’hui ? En quoi vous demande-t-il de jeter vos filets ? Aurez-vous, comme Pierre, la foi de le croire malgré le fait qu’il vous semble impossible ? De quoi avez-vous peur ? Quelles sont ses décisions que vous repoussez indéfiniment ? Jésus vous dit, aujourd’hui “Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche.”



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