• Nnaemeka Ali, O.M.I - Black and Missionary

L’Amour Inconditionnel de Dieu — Mt 20, 1-16


Depuis quelques jours, Jésus nous donne l’enseignement sur le royaume de Dieu. Mais, disons tout de suite que le royaume de Dieu, pour Jésus, est très souvent le synonyme de l’amour et la justice de Dieu. Ce royaume des Cieux commence, ici, et maintenant. Cela dit, voyons alors comment Jésus déploie cet enseignement.

D’abord, avant-hier, il reprochait le jeune qui, malgré sa religiosité, n’aimait pas Dieu assez pour tout abandonner à sa suite (Mt 19, 16-22). Et puis, hier, il est allé plus loin pour expliquer que seuls ceux qui aiment [Dieu] librement peuvent entrer dans le royaume des Cieux (Mt 19, 23-30). Mais aujourd’hui, il nous fait savoir jusqu’où cet amour de Dieu peut nous conduire (Mt 20, 1-16). Ainsi, à travers une parabole il explique que l’amour ou la justice de Dieu n’est pas lié aux paramètres humains.

« Le royaume des Cieux, nous dit-il, est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. » (Mat. 20, 1). Jésus nous explique que le maître est sorti plusieurs fois, à diverses heures — très tôt le matin, vers 9 h, à midi, à 15 h, et à 17 h — pour trouver les ouvriers. À chaque moment, les ouvriers répondaient oui à son invitation.

Mais écoutons l’échange de Jésus avec les derniers ouvriers :

« Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?” Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi. » (20, 6-7).

Vous comprenez que c’est le seul groupe qu’on entend leur conversation avec le maître ?

« Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? » Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”’

Ce ne sont pas des feignants, ils n’étaient pas infidèles ou indifférents à l’amour de Dieu. Personne ne les a embauchés.

Et quand c’était l’heure de payer les ouvriers, Jésus commença avec ces derniers qui étaient malchanceux. Ils étaient des victimes de la société, des personnes défavorisées, et à la marge de la société.

Et malgré cela, Jésus nous fait comprendre que le maître a payé tous les ouvriers le même salaire. Oui, les derniers sont les premiers à être récompensé, mais l’amour inconditionnel du père envers tous les ouvriers fait que les premiers reçoivent aussi le même salaire.

De fois, nous sommes portés à juger les plus faibles, les personnes à la marge de la société, et d’autres qui sont sous l’emprise d’une dépendance ou l’autre. Pourtant, nous ne savons pas si quelqu’un les a embauchées. Que savons-nous de leurs combats pour se prendre en main ? Que savons-nous de leurs passés troubles et tourmentés ? Pensons-nous que les premiers ouvriers étaient les plus forts, ou justes qu’ils étaient chanceux d’avoir trouvé le maître avant tout les autres ?

Prenons le temps de remercier Dieu pour son amour inconditionnel, et sachons que malgré nos difficultés, il y a toujours des ouvriers de dernière heure. Seront-ils prêts à suivre le maître lorsqu’il viendra les chercher ? Et nous, sommes-nous assez indulgents envers les frères et sœurs moins chanceux, ou encore, sommes-nous toujours prêts à les juger ou à les en vouloir lorsque le maître les récompensera plus tôt que nous ?


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