• Nnaemeka Ali, O.M.I - Black and Missionary

Le Grand Commandment—Matthieu 22, 34–40


Dans le film de Irving Pichel (1939), The Great Commandment, quand Joël (John Beal) a rencontré Jésus pour la première fois, il lui a offert son épée en allégeance. Joël et tous les zélotes étaient indignés par la domination romaine ; et cherchaient les moyens pour les chasser. Quand il a entendu parler de Jésus de Nazareth, il a décidé de rejoindre son camp. Selon lui, avec la multitude qui suit Jésus, il y a une chance d’initier une révolution contre les Romains.

Il avait raison sauf que sa compréhension de la révolution était en opposition avec celle de Jésus. Et là où Joël voyait un changement de régime, Jésus entrevoyait un bouleversement total de l’histoire.

À leur première rencontre, il entend Jésus proclamer

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. En effet, qui veut sauvegarder sa vie, la perdra ; mais qui perd sa vie à cause de moi, l’assurera. »

Et puis, après une guérison opérée par Jésus, Joël décida de l’approcher.

« Maître, je suis témoin de ton pouvoir, dit-il. Je voudrais que tu te serves de ce pouvoir pour rassembler notre peuple afin que nous puissions détruire nos ennemis. Il y a une urgence, continue-t-il ! Toutes les villes du Sud sont déjà sous l’emprise des soldats romains. Mais il y a de milliers de zélotes prêts à prendre des armes pour te suivre. » Et puis, il termine, « nous sommes prêts à t’offrir nos vies et nos épées. »

Et comme l’eau froide, la réponse de Jésus tomba sur sa tête : « tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. » (Mt 26, 52).

Jésus a toujours été un personnage énigmatique. Plusieurs personnes se sont servies de son nom et de son enseignement pour des raisons diverses. Les plus forts, parfois, se cachent sur son ombre pour dominer les plus faibles. Et beaucoup de personnes opprimées trouvent aussi en lui leurs sources de libération.

Dans l’évangile de Matthieu Mt 22, 34-40, quand les pharisiens ont appris qu’il avait fermé la bouche des saducéens, ils ont voulu le mettre en épreuve.

« Et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : “Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ?” (Mt 22, 35-36).

Même s’il s’est adressé à Jésus comme un maître, sa question n’avait d’objective d’en apprendre plus. Ces autorités religieuses comme Joël cherchaient à instrumentaliser sa parole afin de contrôler la narrative et la vie de leurs adeptes.

Or Jésus, connaissant leur cœur, répondit que l’amour (de Dieu et de son voisin » est au cœur de la relation avec Dieu. Selon lui, c’est sur l’amour dont dépend toute la loi ainsi que les prophètes [22, 37-40].

Aujourd’hui, encore, plusieurs parmi nous cherchent les occasions pour se servir de la religion afin de perpétrer leurs projets politiques. Ils établissent des lois qui piétinent sur les pauvres et les opprimés. Nous vivons dans nos systèmes corrompus et nous servons de nos lois et nos enseignements pour diviser et régner. Et dans tous nos discours, nous évitons l’amour et la justice qui sont les conditions préalables pour le royaume des Cieux.

Pourtant, Jésus est venu pour redonner l’espoir à un monde pris en otage par des grands hommes de politiques et de la religion de son temps. Son message et projet étaient toujours basés sur l’amour de Dieu qui s’incarne comme lui-même dans l’humanité. Il ne s’attardait pas trop sur les rites, les cérémonies et les fausses pratiques de son temps. Tous ces mouvements avaient au cœur la libération des affligés, la liberté intérieure et extérieure basée sur l’amour de Dieu et du prochain.

Combien, aujourd’hui, peuvent suivre Jésus ? “Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive.”

Quelles sont des croix que vous êtes appelés à renier dans votre vie pour embarquer dans cette révolution que nous propose Jésus ?

Regardez autour de vous ! Combien des personnes souffrent, restent affamés, rejetés, abandonnés, méprisés, et même de fois meurent devant l’indifférence totale la société. ?

Quel Dieu servez-vous ? Qui suivez-vous ? Combien vous coûte l’amour de votre prochain ? À qui servent à libérer vos prières et votre religiosité ? Retenez que “l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit saint qui nous a été donné.” [Rom. 5, 5].

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