• Nnaemeka Ali, O.M.I - Black and Missionary

Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre — Matthieu 25, 1-13

Updated: Aug 30


Aujourd’hui, nous célébrons le mémoire de Sainte Monique. Sainte Monique est la mère de Saint Augustin. Devenue mère à un très jeune âge, elle perd son mari une dizaine d’années après. À la mort de son mari, Monique a été obligée d’élever seule ses trois enfants. Et pendant ce temps, elle vivait aussi péniblement la frustration liée à la tendance idéologique de son fils Augustin.

Amoureuse de Dieu et de ses enfants, elle partira de sa patrie, l’Algérie à la suite de son fils errant. Suivant les périples de son fils Augustin, elle se rend à Rome où elle va apprendre que son fils était déjà parti au nord d’Italie. Et sans se décourager, elle reprit son chemin pour Milan.

Pendant ces années, Monique priait fort pour la conversion de son fils. Et Augustin, imbibé dans une religion philosophique, trouvait le discours de sa mère sur Jésus flou et vide de sens. Mais Monique ne se décourageait pas. Au début, elle avait décidé de chasser son fils de la maison, mais l’amour maternel a eu le dernier mot. Et cet amour qui l’a conduit jusqu’à Milan a porté des fruits, car Augustin a fini par accepter de recevoir le baptême. Et son long combat pour son fils donnera au monde l’un des plus grands théologiens de tout le temps.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus continue de nous exhorter à être toujours prêts pour le royaume des Cieux. Il nous offre la parabole de dix jeunes filles.

« Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces. »

Pourquoi de jeunes filles, vous me demanderez ? Même si l’évangéliste ne nous le dit pas, on peut insinuer que c’est comme dans nos différentes cultures où les jeunes femmes sont très souvent les mademoiselles d’honneur. La Bible utilise d’ailleurs, régulièrement cette image de mariage ou d’alliance pour parler de l’amour que Dieu a pour son peuple. (Es. 43, 20-21, Lév. 20, 24, Jér. 2, 1-13, Osée 2, 14-23, Eph. 5, 25-26, 29, etc.). C’est aussi parce que devant Dieu nous sommes toujours aimés, telle une épouse devant son époux.

« En ce jour-là, déclare le Seigneur, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : “Mon époux” et non plus : “Mon maître”. Tu seras ma fiancée pour toujours. Tu seras ma fiancée, et je t’apporterai la justice et le droit, l’amour et la tendresse ; tu seras ma fiancée, et je t’apporterai la fidélité, et tu connaîtras le Seigneur. » (Os 2, 18.21-22.)

Et comme ces jeunes filles, le Seigneur nous appelle à être prévoyants. En effet, parmi les dix jeunes filles, cinq étaient prévoyantes, et les cinq autres, insouciantes (25, 3-4). Les prévoyantes étaient bien préparées, car ne sachant pas exactement à quel moment arrivera l’époux, elles avaient l’huile de rechange. Les cinq autres n’avaient que le minimum. Et lorsque l’époux tardait, leurs huiles ont été épuisées. À l’arrivée de l’époux, ils n’avaient plus d’huile pour l’accueillir. Et tous leurs efforts pour s’en procurer étaient futiles, car le moment était déjà passé.

Sachant donc que ces paroles nous sont adressées, qui de nous peut dire avec assurance qu’elle a assez d’huile au cas où le Seigneur tarderait à venir ? Combien ont même déjà préparé leurs lampes pour l’accueillir au cas où il devancerait l’heure ? Dans l’évangile d’hier, le Seigneur nous disait, « Veillez, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. » (Mt 24, 42.)

Ces dernières années ont été dures. Beaucoup de révélations sur les péchés de l’église ont dû épuiser l’huile de plusieurs d’entre nous. La pandémie et beaucoup d’autres injustices de nos sociétés et gouvernements ont aussi vite brûlé même nos mèches. Beaucoup ont abandonné leurs alliances avec Dieu. Pourtant, il nous invite à renouveler notre alliance avec lui. Il nous choisit encore pour lui-même, et nous séduit avec ces paroles d’amour. Aujourd’hui, osons dire à nos âmes :

« Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens… Vois, l’hiver s’en est allé, les pluies ont cessé, elles se sont enfuies. Sur la terre apparaissent les fleurs, le temps des chansons est venu et la voix de la tourterelle s’entend sur notre terre.
Le figuier a formé ses premiers fruits, la vigne fleurie exhale sa bonne odeur. Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens…
Ma colombe, dans les fentes du rocher, dans les retraites escarpées, que je voie ton visage, que j’entende ta voix ! Ta voix est douce, et ton visage, charmant.
Avant le souffle du jour et la fuite des ombres, toi, retourne… Sois pareil à la gazelle » (Cant. 2, 10-14, 17).
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